« J’suis pas raciste mais ils foutent la merde ! »

Oliviero Toscani for United colors of Benetton

Malheureusement, j’ai entendu ce genre de propos trop de fois dans ma vie. La prochaine fois, sincèrement, j’répondrai : « j’suis pas violente mais j’vais te refaire le portrait !  » juste pour plagier leur connerie. Le pire, c’est que ces propos honteux sont sortis de la bouche d’un pote blanc certes mais ça m’étonnerait que son casier judiciaire soit vierge. Et si c’est le cas, c’est que ce gars s’est pas fait grillé. Car d’après mes souvenirs, il avait des p’tites activités pas très légales et je ne parle pas de consommation de drogue.

Voici un petit rappel significatif. D’après ce cher Larousse, le racisme se définit de la sorte : « Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie. Attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. » Il s’agit bien d’une idéologie. Encore un petit rappel de vocabulaire : « Une idéologie est un système prédéfini d’idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. De tels systèmes considérés comme idéologiques existent dans les domaines politique, social, économique et religieux. » Je trouve que ces définitions parlent d’elles-mêmes. En gros, le racisme c’est un effet de mode, un truc sociétal plutôt en vogue histoire d’être bien dans le vent à l’instar de nos prédécesseurs fachos quoi. C’est comme cette fucking mode du gluten, y a-t-il une personne qui ne consomme plus de gluten qui sait que cette tendance a été lancée par un tennisman à qui on a demandé quel était le secret de sa réussite ? Maintenant, parmi les racistes ou même ceux qui ne se revendiquent pas comme tels mais qui le sont bel et bien, y en a-t-il un qui sait que nos peuples plutôt clairs de peau se sont permis l’audace d’aller coloniser les populations africaines et leur voler leurs richesses? Le berceau de l’humanité, c’est l’Afrique, pas l’Europe! Maintenant, c’est nous qui crachons sur ceux qu’on a dépouillés. Au fond, c’est un peu le même scénario que quand tu t’fais violer à 20 ans par un crevard et qu’t’as les couilles d’aller aux flics et qu’tu tombes sur ce gentil keuf qui te dit gentiment que tu l’as bien cherché. Ce sont les victimes qu’il faut défendre, pas les coupables !

« J’aime pas les arabes car j’me suis fait violer par un arabe! » Ok, le fait est que c’est pas super agréable de se faire violer, je le conçois. Mais meuf, euh… Tu crois vraiment que c’est sa nationalité qu’il faut incriminer ? Ses origines ? Son histoire ? Dans la même veine que le gentil keuf auquel j’faisais allusion ci-dessus, j’aurais presque envie d’imaginer une réplique bien raciste genre : « Ca va, ça aurait pu être pire. T’aurais pu te faire violer par un noir. » C’est ça que t’as envie d’entendre, miss ? Quelque part, ça serait presque logique au vu du racisme présent dans tes propos. Au vu de la situation, peut-être qu’il aurait été un peu plus concevable que tu partes dans un délire androphobe selon lequel toute personne pourvue d’un pénis n’a aucune humanité en elle. C’est absurde certes, mais le fait est que oui, un viol est un crime et on sous-estime malheureusement trop les conséquences psychologiques voire psychiques que cela engendre. Et sinon, la victime des propos de cet enfoiré de flic n’étant autre que la rédactrice de cet article, suis-je censée développer un racisme anti-flic ? Regardez-vous putain : des caricatures, des marionnettes, des pions sur un échiquier. Prenez du recul avec les médias, on nous dit que ce qu’on veut. Même ce texte n’est pas neutre, aucune information circulant sur cette planète n’est absolument neutre ni ne circule par hasard.

Alors oui, c’est clair que les « black » et les « rebeu » ne sont pas tout blancs mais sérieux, trouvez-moi un blanc de peau avec l’âme aussi blanche que son teint, j’crois que vous allez pouvoir chercher indéfiniment. Petite anecdote autobiographique (si vous me le permettez encore!) : quand j’ai dit à ma mère sur qui le fachisme de mon père a déteint que j’étais en couple avec un p’tit black, un camerounais, (j’ai pas insinué qu’on allait se marier, c’était et ça n’a jamais été prévu et Madame l’a très bien compris), ma mère a lâché un « ah » bien sec suivi d’un gros blanc. Suite à ma demande plutôt ferme, elle développe : « c’est pas la même culture! » La culture, c’est le critère number one maintenant pour choper ? J’étais pas au courant. Bref, ce qui me fait doucement marrer c’est que ma mère a été mariée à mon géniteur pendant trente ans, un malade mental qui l’a tabassée jour et nuit. Et ce taré de géniteur, il était blanc, plutôt riche (fils de commissaire de police / directeur des renseignements généraux, rien que ça!) et français quasi pure souche. Bah bravo, voilà un exemple significatif de la nécessité de redéfinir les coupables.

La jeune femme à la pomme

Voici les premières photographies d’une super séance qui avait pour thème de base Blanche-Neige au détail près qu’au lieu d’avoir les lèvres rouges comme le sang, elle aurait les paupières jaunes comme le soleil. On a un peu dévié pour le coup vers Guillaume Tell, power rangers et autres enfin disons qu’on a vraiment pris des libertés par rapport au thème de départ (qui est du vu et revu quand même!)

Crédits photo : Yann Cariou

 

« On n’embrasse pas le premier soir! »

C’est une amie qui a beaucoup de principes dont celui-ci qui m’a dit ça un jour où je lui racontais que j’avais embrassé un garçon par surprise le premier soir après avoir eu un coup de cœur pour ce dernier. Certains se diront concernant mon amie : « Elle est prude ou quoi? On n’est plus au Moyen-Âge », d’autres : « c’est mignon, heureusement que des gens pensent encore comme ça ». La question n’est pas de savoir s’il faut lui jeter la pierre ou la fleur, c’est son droit le plus strict d’avoir une telle opinion.

J’avoue qu’à l’époque (c’était en 2014), je me suis dit : « si un bisou le premier soir la choque… » Après, la question n’est pas là. La question est la suivante : ce n’est pas parce qu’ELLE n’embrasse pas le premier soir qu’elle doit m’imposer ce genre de règles. Au fond, je pense que quelque soit la règle que l’on s’imposera, qu’il s’agisse de coucher le premier soir ou d’attendre le mariage en robe blanche, la véritable erreur est de s’imposer une règle. Y’en a juste pas, ou alors qu’on m’amène le mode d’emploi que je me fasse un malin plaisir de le démonter en moins de deux.

Oui, car il y a aussi des minettes qui couchent le premier soir et ça fait parler celles et ceux qui n’ont rien d’autre à dire. Que ce soit un plan cul ou un premier amour, peu importe que l’un comme l’autre soit sincère ou non, on ne connaît pas l’avenir par avance! Et on est censé(e)s être libre de notre propre corps. Alors oui c’est vrai que quand on raconte avec un p’tit sourire au bord des lèvres que « notre première fois c’était le premier soir », étant donné les montagnes qu’on en fait du genre « la première fois c’est celle qu’on n’oublie pas » ou autre guignolerie, c’est vrai que ça peut choquer celles et ceux qui ne prennent pas de recul sur tout ça. C’est la dernière fois qu’on doit pas oublier, la première « osef » quoi!

Ensuite, un truc qui m’a marquée. J’ai passé un  week-end chez une amie en septembre dernier en mode « retrouvailles » étant donné qu’on ne s’était pas vues depuis une bonne dizaine d’années. Nous avons passé notre samedi soir en compagnie d’une de ses amies à rire enfin ToussaToussa mais le fait est qu’on a évoqué le nombre d’hommes avec qui nous avions partagé une couette. Mon amie d’enfance avait couché avec trois mecs, son amie avec quatre alors c’est sûr que vu que j’en étais déjà à quinze, j’aurais peut-être du ressentir quelque honte que ce soit. Ce ne fut pas le cas. À la limite, on s’en fout de s’en être tapé trois ou quinze… Ce dont on ne se fout pas en revanche, c’est que l’amie de mon amie se soit permis l’audace de rajouter un gentil et innocent « ben oui, je me respecte ». Ce qui m’irrite c’est que je suis PRESQUE certaine que j’étais censée considérer qu’en gros quand on couche avec plus d’une dizaine de gars à 24 ans, bah on a pas trop de respect pour son propre corps quoi et que du coup y’a des soirs où on aurait mieux fait de se masturber gentiment dans son lit plutôt que de faire des folies de son corps avec un(e) partenaire.

Sauf que le truc, c’est que rien n’est admis en matière de sexualité. Quand t’embrasses pas le premier soir, t’es prude. Quand tu baises pas, t’es une coincée. Quand tu baises, t’es une salope. Quand tu suces, j’t’en parle même pas. Quand t’as eu plus de dix partenaires à vingt-quatre ans, t’as pas respecté ton propre corps. Quand un en**** de proxénète te fout sur un trottoir pour nourrir sa femme et ses gosses, ton honneur est bafoué à vie. Quand tu te masturbes, si t’as le malheur de le revendiquer, ton honneur est encore plus bafoué que si un proxénète t’avait foutu sur un trottoir. J’aimerais vous dire que je caricature, malheureusement je n’en ai pas l’impression. Donc, quelles choses sont admises en fait?

Personnellement, admis ou pas, rien à battre! Mon corps bah par définition, ça reste MON corps et que mon vagin se soit pris un, quinze ou soixante dix pénis, ça n’engage que mon vagin et moi. L’important dans l’histoire, c’est de penser aux conséquences (traduction, ne pas oublier le p’tit bout de latex, même pour une pipe, oui oui!) Donc si certaines femmes ont peur du quand dira-t-on et se privent du luxe d’écouter leur corps et leurs désirs, je ne leur donnerai qu’un seul conseil (pas un ordre hein, un conseil, je ne suis pas si directive voyons!) : emmerdez le quand dira-t-on et écoutez-vous! Le mode Marie-Jo, merci. D’ailleurs, elle a du finir par se faire sauter étant donné que je n’ai plus cette fucking chanson en tête (j’espère ne pas avoir parlé trop vite!)

Donc, à défaut de vous faire tous l’amour en chœur (depuis mon écran ça semble un peu compromis), faites-le sans moi! Bisous les enfants!

 

« Excuse-moi, j’ai du poil à la chatte »

Gustave Courbet, l’Origine du monde, 1866

Dans ma tête, et je regrette désormais que cette réaction n’ait pas donné lieu à l’émergence de quelques paroles teintées de fermeté, je me suis dit : « Tu t’excuses de quoi ? C’est la nature mistinguette!  » Et puis ça m’a rendue triste, vraiment très triste. Parce que c’est une femme admirablement intelligente et que finalement, elle aussi se soumet à cette mode à la con (c’est son droit le plus strict, ceci est un avis et non un jugement). Pour vous donner quelques éléments de contexte, j’avais demandé à une amie modèle de poser intégralement nue pour un travail plastique dans le cadre de mes études aux beaux-arts.

Les « poils à la chatte », parlons-en! Et soyons précis, c’est une mode, oui une MODE, le truc qui change selon les saisons ToussaToussa. Donc pour une MODE (dédicace à ma petite mamie qui m’a toujours dit : « si ça venait à la mode de se foutre un entonnoir dans le cul, tout le monde le ferait ») y’a des tas de petites minettes qui demandent l’épilation intégrale à leur esthéticienne. Ok, euh… Alors première chose : si on a des poils à la chatte (et en fait, à chaque pore de la peau), c’est pas pour rien. Ils ont un rôle protecteur, ils sont pas là pour nous faire chier (même si le fait est que ça fait chier) mais n’oublions pas qu’à la base, on n’est pas censées les enlever. En plus, ça fait juste pire que mal, mais ça passons hein. « Il faut souffrir pour être belle » j’avais oublié…

Deuxième chose… les risques de mycoses! Ben oui, bande de nouilles, certes vous l’aurez votre minou tout doux (qu’on m’en trouve un doux plus de deux jours!) mais ça va vous gratter là où c’est pas super glamour de se gratter! Ca me rappelle une phrase d’un titre de Giédré (I LOVE GIEDRE) : « même si tu n’portes que d’la dentelle et jamais de viscose, toi aussi ça te gratte quand tu as des mycoses » Bon, la problématique n’est pas la même ici, Giédré voulait rappeler que même les gens qui ont une crème de jour à 500€ en solde chient par le même trou que les SDF… Bref. Les mycoses, c’est pas sexy les meufs, faut aller au labo écarter les cuisses, on va te dire que ben oui t’es irritée quoi (ton envie de te gratter est légitime…) et t’as plus qu’à te foutre des ovules dans la chatte pendant quelques jours.

Troisième chose, et plus grave encore que les deux premières, cette mode est un effet pervers de cette société sexiste, oui oui oui! C’est les mômes qui n’ont pas de poil à la chatte. Le corps de la femme adulte est naturellement pourvu de poils pubiens! Oui, oui, oui! Et à cause de vos conneries de mode à la con, nos enfants auront le modèle de la femme imberbe, ils ne sauront pas que la femme a des poils pubiens (pareil pour les hommes si ça continue… au secours!) Imaginez un môme qui, quand il voit sa mère (ou son père puisque le délire touche aussi les mecs apparemment…) nu(e), le/la voit épilé(e) intégralement, que va-t-il se passer dans sa tête quand il va constater l’apparition de quelques poils pubiens sur son propre corps ?

Quatrième chose, la plus drôle, comme on dit « le meilleur pour la fin » mais j’suis pas sûre d’être si près de la fin de cet article, la contrainte! Ben oui, il paraît que les mecs kiffent les minous tout doux donc autant se soumettre à son chéri jusqu’au bout! Le truc c’est que le côté douceur, avec la repoussance, c’est pas trop ça! Donc, en gros faut raser tous les deux jours. Alors, si une femme me lit et qu’elle réussit pendant toute sa vie (ben oui faut pas rentrer dans le cliché « une fois mariés, l’homme prend du poids et la femme arrête de s’épiler ») à s’épiler tous les deux jours y compris pendant une grossesse, pendant un deuil, parallèlement au fait d’élever un ou plusieurs gosses… Je lui donne une médaille! Les girls, sérieusement, vous savez que faire un enfant ça veut dire (à la base hein) aimer assez quelqu’un pour torcher le gosse en choeur, littéralement : avoir les mains dans la merde… À côté de ça, vous croyez vraiment que le père de vos gosses va vous larguer pour trois poils de cul? Si il le fait, sincèrement, cherchez pas à le retenir…

Voici quelques petits éléments autobiographiques. J’ai moi-même été victime de cette mode de l’intégrale… Le problème, c’est que ça m’a prise très tôt et que je ne suis pas la seule. Quand j’ai pris un rasoir pour tout défricher, j’avais 14 ans. L’été de cette même année, je suis partie en colonie de vacances, avec ma copine (qui bien sûr était aussi épilée intégralement…) Je ne préfère pas continuer cette phrase, mon côté bisounours étant encore suffisamment naïf pour espérer que vous constatiez les dégâts et le choc qu’ils impliquent. En ce qui me concerne, à 14 ans, j’étais toute maigre et je remplissais pas mon 85A. En gros j’avais pas complètement un corps d’adulte encore (chacun son rythme!) En revanche, mon pubis était épilé intégralement. Or, logiquement, si on n’a pas d’activité sexuelle, quel intérêt de tout défricher? Car oui et heureusement, à 14 ans j’étais vierge. Donc, l’intérêt, c’était de me sentir « à la mode ». Avec le recul, je trouve ça si pathétique… L’adolescence, c’est déjà pas simple. Notre corps change mais si encore y’avait que ça. J’pense que la majorité de mes lecteurs/lectrices savent que cette époque laisse un souvenir aux consonances plutôt amères. Alors si en plus faut pasticher le minou des actrices des films pornos, ça rend ce passage à l’âge adulte encore plus difficile à gérer…

Ensuite vos arguments, j’les attends au tournant! Le premier : une question d’hygiène. Ok, admettons, les poils ça ferait pas très propre. Et les cheveux ? Dans ce cas, pourquoi personne ne m’a suivi quand j’ai tenté de lancer la mode de la boule à zéro? Assumez vos convictions jusqu’au bout! Ensuite, vous me faites hurler de rire (tristement, cela dit!) Ca parle d’hygiène concernant trois malheureux poils de cul et ça suce sans capote (ok, je généralise mais beaucoup plus de jeunes femmes qu’on ne se l’imagine se sentiront concernées!) Vous êtes sérieuses les meufs? Oui, on peut attraper le SIDA pour faire plaisir à son chéri si on met pas une fois de plus le p’tit bout de latex! Et je parle pas d’herpès, de chlamydia, d’hépatite, de la syphillis et autres joyeusetés! Ah, des fois que j’aurais des visiteurs tout jeunes, le SIDA ne se soigne pas… Y’a un traitement mais c’est pas la plus cool des maladies quoi… Je ferai un article sur les risques sexuels tiens! Mais arrêtez de parler d’hygiène pour trois poils alors que vous mettez un pénis dans votre bouche, ou sinon faut qu’on redéfinisse ensemble le terme d’hygiène.

Ensuite, le côté sexiste de la chose. Si j’ai bien compris, les hommes ont encore le choix malgré l’augmentation exponentielle du nombre de moutons. Et les femmes? C’est là qu’il y a un véritable problème. Sachant que les poils sont aussi naturels chez les hommes que chez les femmes, pourquoi les hommes ont le choix et les femmes non? Enfin si, mais si j’exhibe mes pattes poilues, là pour le coup les gens vont pas rire, ils vont être carrément condescendants! Encore un petit élément autobiographique : l’été 2013, je me suis trouvée un p’tit chéri. Il était tout mignon tout gentil. Au moment du premier câlin, j’ai simulé un blocage psychologique, je pouvais pas enlever mon short car dessous y’avait des p’tits poils justement… Quand j’ai enfin réussi à prendre sur moi et me dire « il va prendre mon corps comme il est », bah c’était encore une manifestation de mon fucking côté bisounours (merci maman!) Le mec a constaté, il a explosé de rire et m’a dit « ah ah tu t’es pas rasé! » Euh… Malaise. Ca serait maintenant, il se prendrait un aller-retour et je l’enverrai sauter la voisine s’il est pas content! C’est grave ce genre de faits, c’est un profond manque de respect! Et puis, s’il aime les minous de p’tites filles au point de rire à la gueule de sa chérie, c’est pas juste qu’il a maté trop de pornos, c’est qu’il a un problème…

Passons à l’un des trucs les plus marrants. Comme j’ai appris à connecter mes neurones (j’admets y’a quelques courts-circuits parfois, mais le fait est que je me permets cette « prétention ») et que j’aime m’auto-flageller publiquement, je revendique devant qui veut : « je porte pas de soutif et je garde mes poils pubiens ». Ah bah oui, les gens rigolent hein… « du mécanique plaqué sur du vivant » comme disait Bergson… Ah bah rigolez bien les gars, faire rire les gens j’adore ça même aux dépend de mes poils, on me mettrait au Trianon que je gagnerai plus de biff que Jamel… Ca va pas me blesser, j’vous rassure, il en faut tellement plus désormais.

Donc, vous resterez libres de votre corps et de garder vos poils ou non suite à la lecture de cet article. En ce qui me concerne, si un mec me demande de tout défricher, soit je lui sors mon discours sur l’égalité homme/femme et je lui épile tout le corps à la cire afin qu’il comprenne la douleur que cette fucking société nous impose à nous les femmes, soit je l’envoie voir au bout de la rue si j’y suis. Mais bon, la cire c’est pas gratuit (en plus!) il ira constater que je ne l’attends pas au bout de la rue comme promis! Vous l’aurez compris, je refuse que la mode s’attaque à une partie du corps aussi intime! Je RESISTE! (Quand même, à la base le terme de résistance avait une connotation WWII (World War Two), maintenant ça a une connotation poil de cul, bref!)

Encore une fois, je ne fais pas l’apologie du pubis en mode forêt vierge mais de la liberté des femmes (et même des hommes) vis-à-vis de ce choix. Ah l’argument du cuni, ben faites que les lèvres à ce moment-là et les côtés (le maillot « classique » de l’époque de nos mères quoi!) Mais c’est juste une suggestion. Après quand on me dit « le pubis en mode forêt vierge, c’est pas trop le kiff de mon chéri », ok j’veux bien mais si mon mec me sort ça, j’lui cloue la nageoire direct en lui demandant d’arrêter ses caprices. Mais ça n’engage que moi hein…

Bref, j’espère que cet article vous aura non pas fait sourire mais réfléchir. Ca reste le but principal quand même. BisouBisou, Keur sur vous (attention, on passe aux choses sérieuses!)

Petit préambule éditorial

Bonjour,

J’aurais bien aimé me permettre d’écrire une phrase toute faite du style : « L’écriture a toujours fait partie de ma vie ». Mais bon, comme je ne doute pas de votre bonne foi, je ne voudrais pas qu’on remette en question la mienne ce qui deviendrait complètement légitime dans un tel contexte (on n’apprend à écrire qu’au CP).

Je me contenterai donc d’une petite anecdote. Il y a environ un an j’ai retrouvé une amie d’enfance (merci fb!) Pas une camarade ou copine connue en primaire, l’une de mes meilleures amies d’enfance (on s’est jamais lâchées de la maternelle jusqu’à la fin du collège) et accessoirement, je m’invitais chez ses parents pour jouer avec elle quotidiennement qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige (véridique!) Donc vous imaginez le truc, enfin la sécrétion de petits soleils tout jaunes dans nos cœurs. Bref. Je glisse dans la conversation que j’écris un roman et là, elle lâche : « Je me rappelle qu’en primaire, Lisa dessinait, toi tu écrivais des histoires et moi j’faisais le pitre ».

Mon engouement pour les mots n’a jamais été véritablement continu mais je ne suis pas persuadée que l’enjeu principal soit tel. Disons que je me suis concentrée sur eux pour les calligraphier harmonieusement et mélodiquement sur le papier (et aussi accessoirement pour la connotation de ces jolis mots en quelques lignes assemblés). Quand j’ai enfin étudié les arts au lycée, mes qualités rédactionnelles ne m’étaient utiles que pour les dissertations. Il aura fallu attendre d’intégrer les beaux-arts et d’avoir quand même un p’tit peu de culture artistique pour qu’ensuite je rédige spontanément quelques textes critiques sur moultes facettes de l’histoire de l’art (mais pas que!)

Voilà, je vous laisse donc nonchalamment choisir votre catégorie! Bisou (toujours sans « s » donc un mais pas deux!)

NB : Par respect pour la troisième amie d’enfance, j’ai changé le prénom hein.

Petites indications subsidiaires pour un repérage réussi parmi les catégories de cet onglet

Bonjour,

Première chose, vous constaterez que cet onglet porte le doux nom de « photographies » mais qu’il inclut seulement les photographies non plasticiennes. Mais qu’est-ce donc qu’une photographie plasticienne ? J’ai bien du mal à répondre à cette question, je dois l’avouer. En gros, c’est une photographie « normale » à la différence près qu’elle va au-delà du critère esthétique, disons qu’elle intellectualise la chose photographiée (même la chose dans le hors-champ et le contre-champ ToussaToussa). Si j’montre des photos de jolies jeunes femmes souriantes à mes profs des beaux-arts (oui j’ai osé au tout premier bilan de première année), ça sera un euphémisme de dire que j’vais me faire remonter les bretelles (j’ai chialé toutes les larmes de mon corps une fois les profs sortis de la pièce mais peut-être que le fait de m’être fait larguée la veille a joué aussi…) Les photographies plasticiennes seront « rangées » grossièrement selon leur thématique dans l’onglet « travaux plastiques ».

Deuxième chose, il y a une catégorie « Figuration » dont la finalité n’est peut-être pas très claire. Seront visibles dans cette catégorie les photographies dont je ne suis pas l’auteur (à moins que le contraire ne soit précisé) mais bien le modèle. Après avoir pris le taureau par les cornes en m’inscrivant à un cours de théâtre en septembre 2016, j’ose enfin solliciter quelques photographes qui daignent accepter de me photographier malgré mon gros bidou et la largeur du haut de mon corps. Ayant plutôt une tête de caméléon, c’est tant pis pour ceux qui m’ont cordialement envoyée chier (c’est leur droit le plus strict cela dit).

En espérant que ces indications aient pu éclairer votre lanterne,

BISOU (sans « s » on va démarrer soft hein)

Hommage à Opalka

Une fois la tête rasée, je réalise un autoportrait chaque jour pendant plusieurs semaines afin de matérialiser la repousse de mes cheveux. L’éclairage, la tenue, la posture sont identiques sur chaque photographie. La monstration consiste en un affichage des images imprimées par lignes hebdomadaires.
J’affirme la volonté – notamment dans le choix du titre – de réitérer la démarche de Roman Opalka.

Petite anecdote : l’idée de réaliser ce travail m’est venue une semaine après que ma coiffeuse ait dépourvu ma crinière du moindre cheveu. J’ai donc du demander à ma propre mère de me raser à nouveau la tête. Cette dernière n’a pu s’empêcher de lâcher un : « si on m’avait dit un jour que je ferai ça à ma fille ». J’ai noté mes impressions quotidiennes et les réactions de mon entourage dans un journal intitulé Journal d’une femme tondue.

Sans titre

Je me suis présentée chez ma coiffeuse et lui ai demandé de me raser le crâne à l’aide d’une tondeuse électrique. Dans un silence des plus amers excepté peut-être le bruit de la tondeuse et la circulation extérieure, je perds ma crinière en quelques minutes.
Ma coiffeuse a accepté que la performance soit filmée. Dans cette vidéo silencieuse de presque cinq minutes, la scène se suffit à elle-même. Le film est muet, sans aucun son.
Renoncer à ses cheveux pour une femme est un acte loin d’être anodin et est, dans mon cas, une véritable nécessité.
Il y a bien eu une scène qui m’inspira la performance que restitue cette vidéo. Dans un contexte que je ne souhaite spécifier, j’ai vu un homme amputé de ses deux jambes positionné sur le sol en train de se raser  lui-même le crâne. Immédiatement, j’ai ressenti le besoin d’accomplir la même tâche.